La quasi-invincibilité de Roger Federer a fini par rendre ses rarissimes défaites presque plus intéressantes que ses victoires. En 2005, un seul joueur a pu suivre le rythme infernal du Suisse : Rafael Nadal. Leur rivalité commence au Masters de Miami où Rafael Nadal est dominé en 5 sets par Roger Federer 2-6, 6-7, 7-6, 6-3, 6-1 après avoir empoché les 2 premières manches. C'est sa première défaite face au n° 1 mondial
(Le 17 avril), l'espagnol prends le dessus sur Guillermo Coria à Monte-Carlo en quatre sets 6-3,6-1,0-6,7-5. C'est au tournoi Monégasque que l'espagnol a débuté sa série record de victoires consécutives sur terre battue face au français Gaël Monfils:6-3,6-2. En 1/2, mené 7-6(8-6) et 2-0 par un autre français, Richard Gasquet il fait prévaloir sa condition physique pour s'imposer 6-4,6-3 dans les deux dernières manches. Sur sa lancée du tournoi de Barcelone (remporté sans perdre le moindre set) où il domine aisément (6-1,7-6,6-3) son compatriote Juan Carlos Ferrero en finale, Nadal enchaîne trois tours faciles à Rome. Mais les forces laissées en quarts contre Radek Stepanek (5-7, 6-1, 6-1) puis en demies face à David Ferrer (4-6, 6-4, 7-5) donnent des idées à un Coria revanchard.
Sa somptueuse victoire ,le 2 mai, contre l'Argentin , finaliste à Roland Garros l'année précédente, n'en sera que plus méritée. En cinq sets d'un match homérique 6-4,3-6,6-3,4-6,7-6, de 5h14, l'espagnol signe sa 17è victoire consécutive sur la surface ocre. Nadal, qui déclarera après le match qu'il vient de gagner "le match le plus dur de sa vie" est le grandissime favori des Internationaux de France.
Sa victoire à Paris, en ne concédant que trois sets, fut donc logique et méritée. Au 1er et 2e tour, il sort aisément l'Allemand Burgsmuller 6-1,7-6(7-4),6-1 puis le Belge Xavier Malisse 6-2,6-2,6-3 en trois sets. Au 3e tour, il élimine Richard Gasquet dans le choc de la nouvelle génération en trois manches 6-4,6-3,6-2. En huitième de finale, Sébastien Grosjean est le premier à lui prendre un set 6-4, 3-6, 6-0, 6-3, au terme d'un match marqué par une interruption de la partie durant un quart d'heure à cause des sifflets du public envers l'arbitre, après une action litigieuse. En 1/4 de finale, il élimine son compatriote David Ferrer 7-5, 6-2, 6-0 grâce à deux passings d'anthologie dans le 1er set qui assommèrent son adversaire. Au cours d'une superbe demi-finale, Nadal bat Roger Federer 6-3, 4-6, 6-4, 6-3. Il remporte finalement la finale face à l'Argentin Mariano Puerta 6-7 (6-8), 6-3, 6-1, 7-5 en 3h24, signant du même coup sa 24è victoire consécutive sur terre battue.
Dans la 1re manche, le favori mène 2 à 0 mais son adversaire revient à 3 partout et les deux joueurs vont devoir disputer un tie break de feu. Rafael Nadal prend l'avantage 3-2 mais c'est Mariano Puerta qui l'emporte finalement 8-6 en 1 h 12. Au 2e set, le prodige espagnol breake au 4e jeu et gagne finalement 6-3. L'Argentin a fait le show mais il craque au 3e set 6-1. Après 2 h 21 de match, "Rafa" est bien parti pour triompher. Dans la 4e manche, l'Argentin domine mais se heurte à la défense héroïque du natif de Manacor qui écarte 3 balles de 2 sets partout avant de gagner 7-5. Sur le podium, le footballeur français Zinedine Zidane lui remet le trophée de ses rêves, amplement mérité.
Dans les autres tournois du Grand Chelem, "Rafa" ne connaitra malheureusement pas la même réussite. Éliminé en 1/8e de finale à l'Open d'Australie, au 2e tour de Wimbledon et au 3e tour de l'US Open, il n'a pas encore appris à dépouiller son jeu.
A Bastad, où il retrouve sa surface favorite après une campagne désastreuse sur gazon (3 victoires pour 2 défaites), le Majorquin ne connaît qu'une seule alerte, en finale, contre Tomas Berdych (2-6, 6-2, 6-4). Insatiable, et manquant encore de confiance sur dur, Nadal enchaîne par le tournoi de Stuttgart, enlevé sans perdre une manche. Il gagne également le Masters du Canada, sur dur, face à Andre Agassi par 6-3, 4-6, 6-2. Son dernier titre de la saison, Rafael Nadal l'obtient au Masters de Madrid sur dur, face au Croate Ivan Ljubičić. Mené 2 sets à 0 (3-6, 2-6), le prodige majorquin, porté par le public, s'adjuge les deux manches suivantes (6-3,6-4). Au terme d'un match époustouflant, le neveu de Toni Nadal remporte la 5e manche au tie break par 7 à 3. C'est le 12e trophée de sa carrière, le 11e de l'année.
Cette année-là, il a également gagné à Costa del Sol, Acapulco, Monte-Carlo, Barcelone, Rome, Roland Garros, Bastad, Stuttgart, Montréal, Pékin et Madrid face à des joueurs talentueux tels que Andre Agassi, Gastón Gaudio, Ivan Ljubičić ou Guillermo Coria à trois reprises confirmant ainsi son hégémonie.
Sa progression au classement (51e en 2004, 2e en 2005), sa robustesse (89 matches, 10 défaites) font de lui un joueur redoutable et redouté. Victorieux de 11 tournois en 2005 (comme Federer) il s'impose comme le leader de la nouvelle génération (Berdych, Gasquet, Baghdatis, Monfils, Ančić, Murray...)